Devoir de Mémoire:Comprendre la Culture Bantou

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Comprendre La Culture Bantou

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    Tout au long de leur évolution, les Hommes d’où qu’ils soient, ont développé un certain nombre de caractéristiques qui ont favorisé l’apparition de la culture. Celle-ci étant définie par Leslie A White comme étant « une totalité spirituelle et historique de causes et d’évènements qui  dépendent de la capacité de symbolisation ». Chez le bantou, cette symbolisation a pris la forme du langage et de l’oralité.

    En effet, les sociétés bantous font parti des sociétés qui n’ont pas d’archives, c’est à dire que se sont des sociétés qui n’ont pas utilisé pleinement l’écriture et ses ressources. Les bantous ont développé un certain nombre de caractéristiques en fonction des milieux qu’ils ont traversés pendant leur migration ou des lieux où ils se sont installés. Ces caractéristiques ont à la fois rendues possible l’accroissement quantitatif de l’espèce, et favorisé l’utilisation d’une grande variété de ressources naturelles. Les bantous font partis des sociétés telluriques à tradition orale. Pour mieux comprendre la culture d’une société, il convient d’étudier son adaptation au milieu naturel, sa structure sociale, ses us et coutumes, et son art.

    1.  Son adaptation au milieu naturel.

    2.  Sa structure sociale.

    3.  Ses us et coutumes.

    4.  Son art.

L’adaptation au milieu naturel

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    Les bantous ont rencontré en fonction du parcours de leur migration, trois milieux différents les uns des autres : la côte, la forêt vierge et la montagne. Ceci par ce qu’ils ont dû utiliser les voies naturelles (pistes ou voies fluviales) pour faciliter leurs déplacements. De manière générale, la technologie dont dispose un groupe d’individus pour contrôler et modifier le milieu dans lequel il vit, est fonction de sa connaissance, de son travail et des ressources naturelles à sa disposition. Celles-ci semblent limitées dans le contexte de l’Afrique équatoriale, même si cet écosystème est favorable à l’installation d’une grande variété d’ organismes.

HABITATION

maison en planche

Au niveau habitat, par exemple les bantous de la côte avaient choisi de bâtir des maisons en planches (ou lattes de bois)   au toit de chaume, la chaume ici était constituée de feuilles de palmiers raphia (ou de palmiers à huile) séchées, ou encore   de paille de riz, de seigle, ou de roseau, peignée avec un râteau en bois à longues dents et tressées. Dans les régions   marécageuses de la côte ou dans la mangrove se sont les cités lacustres qui ont été crées. Ces dernières avaient optées   pour des maisons en planches sur Pilotis pour prévoir d’éventuelles inondations.

maison en torchis de terre    Ceux de La forêt, ont choisi de construire des maisons avec les produits issus de la forêt et du torchis de terre, les toits   étaient de chaume. Le torchis était fait d’un mélange de paille et de terre argileuse ou latéritique, et de petits cailloux ou   encore de brindilles, que l’on apposait dans un clayonnage, constitué de poteaux et de lattes de raphia entrecroisés. La   construction (qui était l’occasion de rassembler tout le village et synonyme de fête) se décomposait en plusieurs étapes. La   première étape consistait à choisir l’emplacement de la maison ou de la concession. La seconde étape consistait à se rendre   en forêt pour choisir et couper le bois qui allait constituer l’ossature de la maison. Puis on se rendait dans les marécages pour la découpe des palmiers raphia pour la structure des murs, la paille étant utilisée pour le torchis.

maison en briques de terre    Ceux de la montagne ont préféré utiliser des briques faites de torchis de latérite. Les briques étaient confectionnées dans   des moules en bois, une fois démoulée on les laissaient sécher sous une claie. Les toits là encore a>sont de chaumes.

Les cases pouvaient prendre des formes diverses, ronde, carrée ou rectangulaire. Dans les villages, les habitations étaient   réparties tout au long de la voie d’accès principale (route, piste, ou cours d’eau) menant généralement sur une grande      place, ou se trouvait soit l’arbre à Palabres ou la case Sacrée, construite exclusivement avec des éléments prélevés du palmiers raphia. En fait d´habitation, on rencontrait surtout des concessions composée comme suit : au centre la maison du chef de groupe ou de famille, et tout autour les différents greniers, la maison de l’épouse et des enfants, le hangar pour le clayonnage servant au séchage des récoltes de cacao, de café, ou d’arachide, enfin la bâtisse servant de cuisine.

ALIMENTATION

    Le bantou se nourrissait principalement du produit de ses cultures, il n’etait végétarien que lorsque le gibier se faisait rare. Pour se procurer des aliments au moyen de la chasse, de la cueillette ou de la pêche, le bantou a recours à des armes tel que les arcs, les flèches, les haches de pierre, les pieux et les massues. Il utilise aussi l’horticulture, qui repose sur la culture des semences, des racines et des tubercules ceci à l’aide de la houe (sorte de pioche en bois). Ils y plantent des ignames, des macabos, des taros, des patates douces, du manioc, des bananes, des arachides, des haricots, de la salade de moutarde, du chou, des pois, du maïs, des arbres fruitiers (orangers, citroniers, avocatiers, safoutiers, goyaviers), des cannes à sucre. Dans la forêt, il trouvait aussi des espèces de chataîgnes, differents types de noix, dont certaines peuvent servir de condiments pour la cuisine. Le type d’horticulture pratiqué ici est dit itinérant, car on choisit une partie de la forêt non cultivée pendant plusieurs années, on y coupe herbes et arbres, on construit un enclos pour protéger les cultures des gros animaux sauvages(tel que les phacochères). Le bantou essaye d’échelonner la production tout au long de l’année. Quelque fois le sol sert de garde à manger pour des plantes comme le manioc. Ces populations vivent donc de l’agriculture, de la pêche et de la chasse. Le gibier est composé de petits animaux comme les singes, les rongeurs ou des petites antilopes. Quant aux animaux domestiques ont trouve le porc, la chèvre, le mouton, les poules, les canards, les dindes.

La seule boisson indigène était le vin de palme. Ce vin est obtenu en perçant le bourgeon du palmier par incision; un drain y est placé, dont le rôle est d’amener le sève dans une calebasse. Pour maintenir l’écoulement continu l’incision doit être ravivée, matin, midi et soir. La sève recuiellie ne subit aucune préparation, fraîche c’est une boisson agréable, mais le bantou la préfère ferentée, aussi, il ne la boit que le soir, ou le lendemain. pour lui enlever son aigreur il y ajoute une ecorce specifique.

Les hommes et les femmes faisaient une grande consommation du tabac à priser, surtout les vieillards. Ils préparaient eux-mêmes leur tabac à priser, en écrasant des feuilles de tabac entre deux pierres; ils y ajoutaient de la cendre de bois très fine. Les coutumes interdisaient aux femmes de manger certaines viandes, par exemple chez les Bassa, les femmes ne peuvent toujourq pas consommer de la viande de tortue. cette viande est réservée aux hommes. Généralement,les aliments étaient cuits à l’eau ou rôtis sur la cendre;les arachides, les noix de kola, la canne à sucre et la banane mûre sont les seules choses que le bantou mange crues. Les femmes préparent la nourriture; elles apportent tous leurs soins pour offrir à leur mari, à leurs enfants et aux hôtes des aliments bien préparés et qu’ils trouvent à leur goût. Le mari fait une grave insulte à sa femme en ne mangeant pas les aliments qu’elle lui a préparés. Les repas se prennent en famille. Les viandes étaient conservées par le séchage et la fumée; les haricots et les arachides sont séchés et mis dans des paniers spéciaux.

OCCUPATIONS DIVERSES

    La chasse était la principale occupation des hommes. Ils préparaient des pièges qui consistaient en de grands trous dissimulés par des branches, de la terre et des feuilles mortes. Quelque fois, ils clôturaient de grandes parties de fôrets au moyen de matériaux légers; ils y ménageaint des ouvertures devant lesquelles se trouvaient des lacs; un baliveau tendu en arc serrait brusquement le noeud coulant au passage d’un animal quelconque dans l’ouverture. D’autres types de pièges souvent appelés pièges à singe et à ecureuil, consistaient à relier entre eux des arbres au   moyen d’une perche; une cloison de branches obligeait l’animal qui s’est engagé sur le pont à passer par le noeud coulant. siege en raphia
Le Partage du produit de la chasse lorsqu’elle etait collective, se faisait comme suit : le patriarche recevait une cuisse et la selle;   celui qui avait tué l’animal recevait une partie de la poitrine, et le reste étant partagé entre toutes les femmes du village, sauf   evidemment quand il s’agissait d’animaux qu’elles ne pouvaient manger.

La pêche dans les tribus bantous de la forêt et des montagnes se pratiquaient par des barrages établis en travers des rivières, au   moyen de troncs d’arbre, de pierres, de lianes et de branches; une ou deux ouvertures laissent passer la masse des eaux à travers   de longues nasses. La pêche de petits poissons, des crevettes et des crabes, au moyen de grands paniers allongés et percés de nombreux petits trous était reservée aux femmes. Quelques fois elles vidaient les rivières en barrant les bords peu profonds, afin de recueillir le poisson dans la vase. Il pouvait arriver que les hommes pêchent à la ligne ou encore qu’ils prennent le poisson à l’aide des flèches à plusieurs pointes barbelées, lancées au moyen d’un arc, sur le poisson endormi à la surface de l’eau. En effet, certains fruits de la forêt ont la proprieté de placer le poisson dans un état létargique, se laissant ainsi prendre facilement.

Chez les bantous, hommes et femmes s’occupent des cultures. Les hommes se chargeaient de l’abattage de la forêt, des dechiffrements et plantaient les bananiers. Les femmes quant à elles se chargeaint d’entretenir toutes les cultures et l’ensemencement des champs de haricots, arichides, maîs, salades, choux, aubergines, courges, pistaches, et les plantations de manioc, de patates douces et d’ignames. Les hommes cultivent seulement le tabac le cacao et le cafe. Les instruments de culture sont la hache, la houe et la machette. Le bantou pratiquait lélevage du petits betails, des porcs, des chèvres, des moutons, des poules et des canards. Ces animaux logeaient dans les huttes abandonnées et sous les hangars ou encore sur les branches d’arbres fruitiers.

La structure sociale

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L’ORGANISATION SOCIALE

  L’organisation sociale des bantous est formée au sommet de nations qui elles mêmes sont composées de groupes de tribus, subdivisés en villages. Ces villages sont en réalité, des groupes de clans, constitués par les différentes branches de familles qui habitent le village. Les bantous sont donc divisés en un certain nombre de grands groupes familiaux, qui constituent des clans souvent représentés par des totems. Tous les membres d’un clan sont censés être les descendants d’un même ancêtre mythique. Au sein du groupe, on les considère comme parents (pères et mères), couteau bantou  et tous   ceux qui appartiennent au même groupe générationnel sont considérés comme frères et sœurs. La parenté occupe  ici un rôle   primordial dans la construction du lien social, par ce qu’elle sous tend le principe de solidarité. La majorité des bantous sont   patrilocales (bien qu’on trouve aussi des sociétés matrilocales mais en très faible nombre), c’est à dire qu’une fois que la   femme a contracté mariage, elle est obligée d’aller résider dans la famille de son époux. L’unité résidentielle est le socle du   lignage.

L’ acquisition du domaine foncier se faisait autrefois sur le principe du premier venu, premier servi, à condition de pouvoir   délimiter l’espace réservé de façon nette par débroussaillement d’une bande de « un mètre » environ de largeur. Et tout   terrain ou lopin de terre où une subdivision de clan a enseveli ses morts pendant plusieurs générations devient sa propriété   absolue.

Le clan est organisé hiérarchiquement, chaque branche a son chef, celui-ci est désigné par élection. Quand l’un d’eux meurt, le conseil des chefs se réunit pour désigner son successeur. Le roi doit ratifier ce choix, il a le droit de révocation du chef élu, mais ne peut en aucun cas le désigner d’office. Le clan est généralement composé de personnes qui ont eu ou ont un ancêtre commun. Les mythes servent à définir les caractères du clan. La cohésion du clan repose sur le respect des symboles, des cérémonies, des rituels.

Dans les sociétés bantoues, l’élément fondamental de la structure sociale est la parenté. Celle-ci est fondée sur la reconnaissance sociale des liens de consanguinités et d’affinités. On remarque dans ces sociétés une division sexuelle du travail, car les femmes sont censées prendre soin du foyer, des enfants, et de se charger de la cueillette, des tâches horticoles et agricoles. Quant aux hommes, ils doivent s’occuper de la protection du groupe familial, de la chasse, de la pêche, de l’élevage, du labourage, du débroussaillement, du défrichement de la terre et de la majorité des activités artisanales. Le développement de l’individu passe par une suite d’étapes, de l’enfance à la vieillesse. Ce qui permet d’assigner différents rôles à chacun pour l’amener tout au long de son existence à faire partie de certaine catégorie au sein du groupe. D’où, l’existence des rites d’initiations. Chaque étape entraîne des droits et des devoirs. Pour maintenir le lien social, il était de tradition qu’ à la tombée de la nuit, au son du tam-tam, tous les enfants se retrouvaient autour d’un feu allumé au pied d’un baobab situé sur la grande place, pour écouter les contes et les épopées des ancêtres, racontés par les vieux et les sages du village.

L’ACCOUCHEMENT

  La femme enceinte décidait toute seule du moment ou elle devait arrêter ses travaux manuels, sa mère ou une proche parente se dévouait alors pour effectuer ses tâches. L’accouchement se faisait dans une case isolée, la femme préparait seule l’endroit ou elle désirait que la délivrance se fasse. La femme forte s’accouchait toute seule, sa mère ou une parente se chargeait de la coupe du cordon ombilical à la longueur d’une main du ventre de l’enfant. Lorsque la femme était craintive ou que les douleurs étaient trop fortes, les parentes et les voisines l’assistaient. C’est généralement dans la position à genoux que se faisait l’accouchement et la patiente prenait la position assise dès qu’elle était délivrée.

Après la délivrance, la mère ou une parente prépare de l’eau chaude pour les lavages de la jeune mère et de l’enfant; l’eau qui était destinée à la jeune mère devait être aussi chaude que possible. Des lavages souvent répétés se continuaient pendant une période allant de huit jours à un mois, temps pendant lequel l’accouchée était obligée de porter une ceinture ventrière en corde, très serrée sur le ventre, pour ramener les organes dans leur position normale.

La mère consacrait exclusivement les huit premiers jours après la naissance aux soins de l’enfant, Elle ne sortait presque pas de sa hutte. Le père ne pouvait entrer dans la case de son épouse qu’une fois que le cordon ombilical était tombé. Pour bien cicatriser le cordon ombilical et empêcher le nombril de se former en saillie, la mère chauffait sa main au feu puis le plaçait sur le ventre de l’enfant, opération qu’elle renouvelait continuellement. L’allaitement durait très longtemps, parfois jusqu’à une nouvelle grossesse. A la naissance, quant il arrivait que la montée de lait chez la mère se fasse attendre, les anciens donnaient aux nouveaux-nés du vin de palme très doux, ou du jus de canne à sucre.

Les us et coutumes

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Comme chez tous les autres peuples du monde, on rencontre des idées de croyances liés à l’être humain, à la nature, et aux relations que celui-ci entretien avec la nature. Si l’on considère que l’humain croit la plupart du temps en l’existence d’un être supérieur, qu’il symbolise à sa manière, chez le bantou originel, cette symbolisation a pour support l’idéologie animiste.

LA RELIGION

La religion traditionnelle gère les rapports de l’homme avec Dieu et son environnement au moyen des rituels et des interdits. Chez l’animiste, la nature est régie par des âmes ou esprits, analogues à la volonté humaine : ceux-ci peuvent se trouver dans n’importe quels éléments de la nature (les pierres, le vent, les animaux etc.…). Toutefois, le terme animisme ne peut à lui seul rendre compte de la diversité des systèmes religieux existant en Afrique. Dans l’Afrique traditionnelle, le monde est animé par une force vitale qui peut prendre différents aspects selon les peuples et les   religions. La nature est intimement liée à l’individu par la religion. poupee de fertiliteOn distingue chez les bantous, deux types de sociétés animistes : Les sociétés animistes monothéistes qui considèrent qu’il   n’y a qu’une âme unique qui habite les objets et croient en un dieu créateur unique. Et Les sociétés animistes polythéistes qui   croient qu’il y a une âme dans chaque objet et croient en plusieurs dieux. Quelque fois, ils attribuent un pouvoir croissant à   certaines divinités au dépend des autres qu’ils considèrent comme inférieures. Les divinités en question deviennent des dieux.   Les totems ne jouent pas le rôles d’icônes ni d’idoles chez ces peuples, mais seulement celui de lien symbolique entre la   nature et le sacré. Et l’éloignement de Dieu ou des Dieux est parfois innommé. Pour les  mystiques africains, l’émotion   religieuse est quantifiée par le sentiment d’éloignement que l’âme éprouve vis à vis de Dieu. Cette distance oblige les peuples   bantous, à concevoir des intermédiaires, se sont les démiurges qui intercèdent par le truchement des ancêtres pour aider leurs descendants. On distingue donc parmi ces médiateurs humains, les possédés qui établissent le relais avec des génies ou des ancêtres. Les prêtres qui invoquent les puissances surnaturelles pour leur transmettre les demandes et les offrandes des fidèles. Quelque fois les rois et les forgerons peuvent aussi intercéder.

LE MARIAGE

Dans les sociétés Bantous, la polygamie était admise. Tout d’abord pour des raisons culturelles, car ces sociétés étaient culturellement collectivistes, c’est à dire que l’homme était tout d’abord membre d’un clan et l’action d´épouser une femme n’était qu’un moyen d´enrichir le clan. De fait, la future épouse devenait la propriété de la famille. Si son mari venait à mourir, l’un des frères de ce dernier devait recevoir la femme en héritage. Et s’il était déjà marié, il était obligé de devenir polygame. Une autre coutume obligeait un frère unique ayant plusieurs soeurs à prendre le même nombre d’épouses qu’il n’avait de soeurs.

En outre, une femme qui avait ses menstrues était considérée comme impure et était contrainte de se tenir à l’écart de la société pendant toute cette période. Chez certaines tribus, elle n’avait ni le droit d’aller dans les champs, ni celui de cuisiner pour son époux, ni encore de se rendre dans les rassemblements publics. Et pour éviter que son mari ne fasse des écarts, la communauté instaura la polygamie.

Une troisième explication trouve son fondement dans l’extériorisation de la richesse. En effet, l’homme bantou pouvait avoir autant de femmes que ses biens lui permettaient, à charge pour lui de leur assurer le minimum vital. Ce qui n’était pas chose facile, car du fait de la polygamie, la demande dépassait l’offre, et la polygamie se limita naturellement à deux ou trois épouses, à l’exception des Rois. Aujourd’hui, avec l’arrivée du modernisme, la polygamie est en voie de disparition dans les sociétés bantous.

Lorsque l’on voulait prendre pour épouse un fille, il fallait mener des négociations habiles pour ne pas avoir à payer trop cher. Puisque certaines familles considéraient leurs filles comme des marchandises. Le prétendant commençait les pourparlers en secret avec le futur beau-père. La discussion portait en fait sur la dot que le fiancé devait verser en dédommagement. La dot était considérée comme la compensation du manque à gagner que la fille aurait apporté à sa famille et au clan si elle était restée en son sein. Dans la réalité, les négociations se déroulaient sur plusieurs séances, dont la première consistait à avoir l’autorisation de comparaître devant le conseil familial enfin de déposer sa demande. Cette action avait un certain coût, ensuite venait la séance qui permettait au fiancé de recevoir la liste des cadeaux à fournir pour toute la famille, aussi bien proche que lointaine (clan). Lors de la séance de remise des cadeaux, on s’installait dans la cour pour proceder à un partage équitable entre toutes les familles du clan, partage qui était effectué sous l’autorité du doyen, et c’est seulement plusieurs mois après que le mariage était célébré.

LES FUNERAILLES

Les Bantous enterrent leurs morts avec un cérémonial dont le faste est proportionnel au rang social du défunt. Toutefois, les modes d’ensevelissements peuvent différer selon les tribus. Les funérailles se caractérisent par les lamentations rituelles.

Chez certains Bantous, la mort n’était pas considérée comme un phénomène naturel. Selon eux la mort était toujours causé par la sorcellerie, ou la malveillance des autres personnes. Ainsi, après chaque décès, les personnes affectées devaient consulter le sorcier ou le devin du village, afin de tenter de découvrir celui qui a causé la mort.

La personne défunte était enterrée soit dans l’enceinte de la concession, soit ou dans une des plantations de la famille, dans une fosse creusée à cet effet. L’enterrement avait lieu habituellement l’après-midi. Pendant les funérailles, tous les voisins et les proches du défunt assistaient à la veillée dans la concession du défunt. Une fois le défunt mis en terre, son épouse devait se raser soigneusement la tête et subir des cérémonies de rites très dures, enfin elle devait porter le deuil pendant une année entière.

Les arts

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Peu importe le type d’art bantou (sculpture, musique ou danse), celui-ci est indissociable de la religion. Il est l’expression d’une symbolique ésotérique et traditionnelle. Indépendamment de sa spécialité, l’artiste noir exprime plus l’invisible que le visible dans lequel il puise ses éléments, son œuvre lui sert surtout à capter les énergies sauvages, à les dompter pour les rendre favorables à tout le groupe.

L’art des peuples bantous est  très diverse et varie en fonction des populations et des croyances. On trouve ainsi dans ces populations un   artisanat très étendu, à savoir sculpture sur ivoire, sceptres, cannes, armes, porte-flèches, appuie-nuque, porteur de bolchasse   mouches, orfèvrerie, céramique et perlage. Le style d’art pratiqué est caractéristique de chaque région. Ainsi, dans les   régions des hauts plateaux du Cameroun,la sculpture sur bois ne se limite pas seulement à la création de statuettes et de   masques, des sièges, des lits, des récipients à usage domestiques, des instruments de musiques, on observe aussi des   décorations intervenants dans l’architecture.

L’art du perlage est très développé chez certains bantous du Grassland camerounais. Dans la région allant du nord du   Gabon jusqu’ en république démocratique du Congo, les sculptures sont blanchies au kaolin ou rougie à la poudre de bois   rouge. Cet artisanat a pour thèmes migrations, guerres et différents rites. Ces objets ont pour but de rendre à leurs possesseurs des services multiples : protection contre la mort, divination, prospérité.

L’utilisation des masques lors des grandes cérémonies en Afrique noire a pour but de permettre à leur porteurs souvent des danseurs, de cacher leur identité au transcendant et de leur permettre de rentrer en contact sans danger avec celui ci. Quand les danseurs ne sont pas masqués, ils ont le visage et le corps peints et portent des vêtements et des ornements particuliers. Pour être cosmique, le masque doit emprunter ses éléments à la nature et les recomposer en fonction de la culture dont il émane et de l’idée, de l’impression qu’il doit communiquer.

 

@Les Bantous

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