Afrique et la femme en politique:Hommage à la femme politicienne Nzuzi Wa Mbombo

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Hommage à la femme Congolaise ayant la vocation politique vue par Ammafrica world: Instruisez vous de vos ainées en politique

Mme Nzuzi Wa Mbombo nous inspire…

Pendant ce temps trouble de l’histoire politique de la Rd. Congolaise et la transition politique comme le pays en a pris l’habitude avant de céder la place aux autres, (chose dont Ammafrica le comprend en partie pour cause des conflits internes interminables), nous avons penser aussi aux femmes dans la politique de ce pays depuis son accession à l’indépendance: Le souvenir de Mama « Nzuzi Wa Mbombo » nous revient à l’Esprit! C’est en suivant l’une de ses interventions que nous avons compris que la RDC n’a pas non plus exploité la femme pour vivre ses exploits en politique! Nous nous souvenons aussi du temps où la reine Nzinga fera danser le roi du Portugal le « Tango » afin de lui résister pendant plus de 30 ans en Angola! La RDC risque de marcher au rythme de pouvoir « féminin » si les hommes ne peuvent plus promettre l’Avenir à cause de leurs conflits interminables et de leur esprit « corruptible » depuis l’indépendance! Tous courent pour le pouvoir et rien que pour le pouvoir au détriment de bien-être du peuple Congolais!

Un regard sur la femme en politique: Femmes, Madame Nzuzi Wa Mbombo nous parle… Lisez et réfléchissez! FGD.

L’engagement de la femme congolaise en politique (Maman NZUZI WA MBOMBO TKM)

Allocution de Maman NZUZI WA MBOMBO TKM  – Session de formation des femmes cadres de – L’Alliance pour le Renouveau du Congo – ARC

Maman NZUZI et le Pdt Olivier KAMITATU,applaudissant les invitées venues des pays africains.

THEME : L’engagement de la femme congolaise en politique

 

Monsieur Le Président de l’ARC, Excellences et Honorables en vos qualités respectives, mesdames, mesdemoiselles et messieurs, chères sœurs de la famille idéologique libérale,

J’ai le plaisir de saluer tous les membres de la grande famille des libéraux présents dans la salle et souhaiter, particulièrement,  à mes sœurs une bonne et heureuse fin du mois de la femme.

Avant d’entrer dans le vif du sujet, permettez-moi de rendre un vibrant hommage aux Nations Unies pour avoir réservé le 8 Mars de chaque année à la femme et en outre de lui dédier tout ce mois.

Je voudrais également remercier personnellement le Président de l’ARC, L’Honorable Olivier KAMITATU, de m’avoir associée à ce séminaire de formation .

Je pense qu’il a vu juste car face aux enjeux qui se dessinent à l’horizon. Il est bon que les femmes et notamment les femmes politiques soient correctement informées et qu’elles aient suffisamment d’outils pour mieux évaluer leurs opportunités afin d’évoluer et se défendre dans l’arène politique.

Organiser pareil séminaire pendant le mois de mars consacré à la femme, confirme son sens visionnaire, et tout le bien qu’il pense de la congolaise ; c’est donc un leader avéré. Encore une fois merci Monsieur le Président de la place centrale que vous faites à la femme.

Lorsque je lisais mon invitation et les termes de référence de ces assises, j’ai été enchantée de savoir que l’assistance sera composée essentiellement des femmes libérales et que celles-ci viendront de toutes les tendances politiques dont :

Celles de l’opposition, de la majorité présidentielle, de l’Arc et de la société civile libérale.

Voilà pourquoi, étant moi-même libérale, je ne pouvais hésiter de répondre positivement à l’invitation d’un parti de ma famille idéologique, tant il est vrai que pour faire avancer leur philosophie politique et économique, les libéraux se doivent de partager entre eux la diversité de leurs expériences et leur savoir-faire.

Mesdames et Messieurs, chères sœurs libérales.

 

Les thèmes retenus pour ce séminaire présentent pour moi un double avantage, d’abord parce qu’ils traitent de la femme, ce que je suis, ensuite parce qu’ils portent sur leur engagement en politique, il s’avère que c’est le métier que j’ai choisi depuis l’âge de 23 ans et que j’exerce depuis 47 ans.

Voilà pourquoi après une si longue carrière politique, je suis pour bon nombre d’entre vous votre doyenne. A ce titre, je ne peux plus me limiter seulement à partager mon expérience avec les femmes politiques de mon obédience ou de ma famille politique.

Je me dois de partager ces acquis avec toutes les femmes engagées en politique sans distinctions, sans tenir compte de leur idéologie ni de leur couleur politique, étant persuadée que le combat de la femme reste le même à tous égards.

C’est pour cette raison que pour celles qui me connaissent et me fréquentent, elles peuvent témoigner que maman NZUZI pour les unes et Y’a Cathy pour les autres, a l’habitude de recevoir les femmes de toutes les tendances politiques, il suffit que la demande lui soit adressée.

Depuis la nuit des temps, le débat sur la condition de la jeune fille dans la société et partant celui de la femme reste d’actualité.

La solution aux nombreuses problématiques que ce débat soulève risque de prendre encore beaucoup de temps sur des générations successives.

D’autant plus qu’à mon sens cette question du rôle de la femme est souvent abordée sous la forme d’un combat, lequel combat prend des allures d’une bataille sans fin. Or, tout combat a un début et nécessairement une fin.

A cet effet, la présence massive et de femmes de qualité en politique a toujours été ma grande préoccupation car elle pourrait contribuer à la résolution de beaucoup des difficultés souvent soulevées depuis des décennies.

Il vous souviendra qu’à partir des années 70, pour tenter de donner un certain contenu à la lutte ou à l’amélioration de la condition de la femme, les intellectuels d’alors agissant soit à travers les colloques, des journées scientifiques et notamment dans le cadre des organisations du système des Nations Unies, ont promu des idées fortes telles que :

 

« l’émancipation de la femme », « l’égalité de la femme et de l ‘homme », « la prise en compte du genre » et plus récemment on parle maintenant de « la parité homme-femme » et de « l’égalité des chances ».

 

Tous ces termes nous sont devenus familiers tant ils ont été répétés et démontrent à suffisance l’importance du débat pour la promotion de la femme ; Car dans la marche de n’importe quelle société, la femme est, et demeure un élément important dont on ne peut se passer pour le développement d’une nation.

Mieux, la femme est un partenaire de l’homme, qui doit être traitée dans un esprit d’égalité et d’équité. On se doit de le comprendre et l’intégrer dans nos mentalités.

 

Mesdames et Messieurs,

 

Le thème qui m’a été attribué est celui de  »L’engagement de la femme congolaise en politique  »

Logiquement il est plus question de profiter de ce genres des assises pour partager, échanger, penser aux stratégies à mettre en place pour obtenir une présence considérable et qualitative des femmes dans l’espace politique congolais.

Nous demander Comment faire pour que s’il y a des femmes qui sont engagées et impliquées en politique, que leur engagement ne soit pas considéré comme un fait exceptionnel, mais plutôt comme une ambition légitime et une volonté réelle de contribuer à l’œuvre l’édification et de la reconstruction de notre pays.

En adoptant la résolution 1325 les membres du conseil de sécurité des nations unies avaient à l’esprit l’idée de responsabiliser plus des femmes dans les instances de prise de décision.

Les femmes sont appelées à s’engager massivement en politique pour faire la différence , en mettant à profit et en faisant prévaloir leurs particularités .

Les femmes apportent dans le monde professionnel ou politique des comportements différents liés à leur rôle de mères ; le dialogue plutôt que l’affrontement, l’écoute et la recherche du consensus plutôt que les divisions.

Les femmes et les hommes ont un autre regard sur le monde, de par leur rôle et leur socialisation différents.

Et sans établir une règle absolue, j’ai souvent remarqué  que les femmes ont une propension à l’écoute et un sens élevé de l’intérêt général.

La loyauté est une qualité fréquente chez la femme et un atout en politique.

Cette différence d’avec les hommes se confirme par les statistiques des incidents en politique : Les femmes sont moins imbriquées au pouvoir économique, plus indépendantes et plus prêtes à vouloir changer les choses, dans la mesure où leur regard n’est pas voilé par les liens d’intérêts.

Elles sont réceptives, souples, elles sont ouvertes à l’innovation, elles savent concilier la vision et le pragmatisme.

La reconnaissance du modèle féminin est un défi important, parce que ce modèle est efficace et porteur du changement de notre société.

 

Mesdames et Messieurs,

La politique est cependant un métier dur et parfois cruel. Ces caractéristiques expliquent la réticence des femmes à se jeter dans l’arène.

Cela se vérifie au Congo.

A cet égard, j’ai toujours déploré le fait que notre histoire politique, parfois violente, a suscité la peur de l’engagement chez la plupart des femmes.

 

Elles n’ont pas toujours tort, car la politique c’est un métier noble certes mais parfois dangereux et ingrat. Mais il faut tout de même que les femmes, si elles veulent se retrouver nombreuses dans les sphères de prises des décisions, qu’elles se fassent violence et transcendent leur peur au lieu de se plaindre du manque de représentativité.

L’engagement politique est l’acceptation du combat qui en découle.

 

Mesdames et Messieurs, chères sœurs libérales,

 

Dans cette perspective, j’enjoins les femmes à en comprendre la portée pour qu’elles réagissent cette fois comme les hommes avec lesquelles elles veulent travailler égalitairement, qu’elles prennent le courage de lever les options qui s’imposent. Les femmes congolaises doivent savoir ce qu’elles veulent et ce à quoi elles s’exposent en décidant de devenir actives politiquement.

La réalité de la dynamique de l’exercice du pouvoir démontre que ce qui se donne s’arrache dans les mêmes conditions.

Les facilitations dans l’accès au pouvoir par les femmes ne doit pas cacher la réalité du combat en politique.

Dans le combat, il faut connaitre ses atouts et travailler pour que ceux-ci nous servent. Dans notre pays, les femmes sont plus nombreuses que les hommes, 53%.

Si les femmes acceptaient d’adhérer massivement aux partis politiques et acceptaient de voter les femmes candidates aux élections,  je suis certaine qu’elles peuvent surprendre.

Donc les femmes cadres, Parallèlement à leur engagement, elles doivent aussi s’atteler à former et conscientiser les autres femmes pour s’assurer le soutien de cette base « naturelle » et majoritaire.

Je connais plusieurs femmes valables et capables. Elles se reconnaîtront à m’entendre parler parce que j’ai déjà eu à discuter de ce problème  avec beaucoup d’entre elles, et plusieurs fois: Elles ne veulent pas s’impliquer en politique, elles ne s’intéressent pas à la politique, elles préfèrent agir dans les ONG, où elles mènent, je le reconnais, des activités appréciables.

Mais ce n’est pas dans les ONG le lieu où les lois sont élaborées, où on décide des grandes orientations et options du pays, du budget à consacrer à la santé, à l’éducation etc., MAIS paradoxalement, ces dames aspirent bien souvent à occuper des postes politiques.

C’est vraiment aimer une chose et son contraire. Tant que les femmes laisseront la politique aux hommes, elles subiront les choix faits par les hommes.

 

Mesdames et Messieurs

Je pense humblement que les organisateurs de ces assises ont eu raison de penser à la formation des femmes cadres.

Il est souvent dit que la valeur d’un homme comme de la femme se mesure généralement à la valeur de la femme qui l’a éduqué. Cela signifie en réalité que la femme a sur son dos le lourd fardeau du développement, de la survie d’une nation du fait que c’est elle qui ouvre la première, l’esprit de l’enfant à la connaissance. Et c’est encore elle qui doit aider son enfant à forger sa personnalité.

Il est donc clair et je l’affirme : le développement d’un pays dépend beaucoup de la qualité de l’éducation des populations et surtout celle de la femme.

Dans le cadre d’un parti politique, cette éducation devrait insister sur la création et la consolidation d’un leadership féminin.

Qu’est-ce que c’est qu’un leader?

Le mot leader renvoi souvent à une personne qui est à la tête d’un parti politique, d’un groupe d’intérêt, d’une organisation ou une entreprise, donc un chef.

Tandis que le leadership suppose une fonction dominante parmi les dirigeants. Cela se confirme en politique, en affaires, dans la vie associative comme dans n’importe quel autre secteur.

 

On peut dire ainsi que le leader est une personne avisée capable d’influencer la société et son environnement sur tous les plans. Bien que le terme ait une résonnance masculine, son application n’est pas réservée au seul homme au sens masculin du terme.

 

Le leadership ne peut être l’apanage des seuls hommes.

C’est encore une fois une réalité qui n’a de place que dans nos mentalités et qui doit y disparaitre.

Je me propose donc de contribuer au débat et fournir une indication de quelques qualités que je juge essentielles chez les femmes congolaises, singulièrement au regard de ce qu’est notre vie politique.

A mon avis, ces qualités sont susceptibles de nous aider à évoluer positivement en politique, et démontrer le modèle de référence de l’engagement féminin, s’il faut espérer jouer avec les hommes dans les sphères de prise de décision ; Je pense qu’aussi bien en politique que dans les affaires ou dans d’autres aspects de la vie sociétaire, la femme se doit de contribuer à un changement qualitatif.

 

Mesdames et Messieurs,

 

J’ai donc modestement pensé à partager avec vous mes quatre éléments cardinaux –

    1. L’intelligence émotionnelle : cette aptitude est souvent très développée chez la femme qui démontre naturellement le sens de l’empathie et de la compassion. Cette forme d’intelligence se traduit aussi par un sens de l’intuition dont souvent la femme est dotée. L’exploitation de cette forme particulière de talent fait qu’on bénéficie d’une longueur d’avance dans les prévisions et on finit par développer, par sensibilité,  le réflexe de trouver des solutions aux problèmes qui semblaient être insolubles.
    1. La compétence : la réalité de la vie professionnelle démontre universellement  la nécessité pour la femme de briller plus et travailler encore plus pour être considérée par ses pairs masculins. La performance comblera les clivages du genre. La femme doit deux fois plus assumer ses responsabilités avec détermination et combativité, en s’accrochant aux principes de professionnalisme qui permettent de garder le cap et de triompher de ses états d’âmes.

Sur ce terrain, une femme politique doit être en mesure de comprendre l’idéologie de son parti ou du regroupement auquel elle appartient. Car l’idéologie détermine le type d’action à mener sur le terrain. Les opinions et les analyses en dépendent constamment.

Un autre moment fort dans l’engagement d’un cadre politique est la connaissance sans faille de l’institution dans laquelle on milite et le suivi des communications internes et des prises de positions sur l’actualité nationale. Toute femme engagée doit être susceptible de faire le relai du message pertinent du parti.

Le professionnalisme exclu l’improvisation ou les déclarations non autorisées auxquelles nous assistons trop souvent dans le microcosme politique congolais.

Le développement des compétences dans tous les aspects de la vie politique, sociale ou économique ne permettra plus que les femmes soient confinées aux postes qui leur sont « charitablement » réservés pour donner une illusion de parité ou de prise en compte du genre.

Enfin, je ne  peux ne pas me rappeler que la compétence de la femme est multidisciplinaire ;j’en ai fait l’expérience  même si, je le sais, les plus engagées et peut-être les féministes ne rencontreront pas mon opinion.

 

On pourra peut-être me prêter, à tort je le pense, d’entretenir une discrimination préjudiciable à la femme moderne.

Je suis sans doute plus âgée, et je partage sincèrement avec vous mon expérience de vie.

 

Ceci pour dire que, La femme mariée ou célibataire, devra savoir concilier sa vie familiale avec son activité politique. Il s’agit de son rôle de femme et de mère de famille qui ne tolère pas la négligence à répétition. C’est un sacrifice supplémentaire qui ne fait pas souvent la préoccupation de son homologue « homme ».

Il faut aussi envisager cette hypothèse : La vie politique s’accompagne bien souvent de passes durs et de passages dans le désert. Il faut se raccrocher au plus solide, à ce qui est ancré dans le roc car la famille est ce qui reste à l’acteur politique quand il a tout perdu.

Dans le passage à vide, la famille est le refuge naturel pour la femme ou l’homme politique seulement et seulement si on ne l’a pas négligée.

 

    1. La constance dans l’engagement : cela requiert un engagement réfléchi qui n’est pas tributaire de choix opportunistes ou circonstanciels. On tient bon et ferme  quand notre action se fonde sur ce à quoi on croit. L’exercice motivé du libre arbitre engendre la loyauté et donc la fidélité aux idéaux de groupe.

Cette absence de ferment idéologique est la tare de la classe politique congolaise qui fait dire à beaucoup d’observateurs qu’il n’y a pas de vrais leaders en RDC.

Le véritable engagement exclut le « tourisme politique » qui vous positionne au gré du vent qui souffle.  « L’oiseau migrateur politique» est décrédibilisé car il n’est seulement motivé que par des intérêts matériels.

La conviction politique se traduit par l’amour de son parti ou de son regroupement. Sans tomber dans les stéréotypes, par nature la femme est loyale quand elle aime et croit en ce qu’elle fait. Son sens d’engagement en politique se caractérise par le don de soi, car le travail de l’acteur politique est très difficile mais souvent aussi ingrat en dépit du fait qu’il gratifie quand on s’y prend bien.

La femme véritablement engagée en politique et qui veut aller loin dans sa carrière, doit observer les règles de loyauté sans lesquelles la voie de la politique peut se refermer sur elle.

De manière pragmatique, c’est pour cela qu’elle doit militer et s’organiser  légitimement et dignement pour détenir des moyens matériels afin de préserver son attitude naturelle de fidélité et éviter les tentations du débauchage.

    1. Le sens des responsabilités : l’engagement politique a pour corollaire la responsabilité. La responsabilité d’abord face au peuple au nom duquel on prétend agir en préconisant des solutions ou des options qui s’imposent à tous. C’est aussi ensuite, la responsabilité pour le sérieux du travail produit personnellement en tant qu’opérateur politique. Ce travail doit être documenté et confronté à des opinions différentes pour asseoir nos vues et nos propositions.

 En outre, Il existe par ailleurs, une responsabilité spécifique des femmes engagées vis-à-vis des autres pour atteindre les objectifs de parité que nous revendiquons.

Il est en effet vain de vouloir « rester la seule capable », de confirmer le dicton que « l’ennemie de la femme est l’autre femme ». La femme politique responsable doit être capable de tirer les autres vers le haut, d’instruire d’avantage d’autres femmes, de démontrer le bon côté de la politique responsable. Il faut accroitre la participation du plus grand nombre de femmes.

 

L’attitude aussi importe, ainsi une femme politique proéminente doit communiquer et interagir avec simplicité ou humilité pour se mettre au niveau du plus grand nombre de ses semblables moins favorisées. Elle doit se rendre abordable et simplifier son langage pour édifier les plus modestes.

 

La femme engagée entretient  l’esprit de rectitude, exactitude, promptitude, subtilité et surtout celui de la mesure. Encore une fois dans son rôle social communément admis depuis des générations,  les femmes ont souvent été à la base de la paix en famille et elles sont garantes de la stabilité patrimoniale de leur famille par leur gestion de la maisonnée.

 

Mesdames et messieurs, chers compatriotes,

 

L’avancement de la femme en RDC est présentement en phase d’être facilité.

 

Nous avons deux ouvertures devant nous : il y a d’une part la Constitution et d’autre part la recommandation du Président de la République d’assurer un quota féminin dans les élections.

En effet, après les concertations nationales, à deux reprises, le Président de la République (dans son discours de clôture et dans son adresse à la Nation)a recommandé la nécessité de rendre réelle la notion de parité mentionnée dans la Constitution, et en outre d’exiger aux partis politiques de donner à la femme une place de choix sur les listes électorales dans les circonscriptions ayant droit à trois sièges.

La Constitution votée à l’assemblée nationale pendant la transition sous la présidence du Président Olivier KAMITATU ici présent, spécialement en son article 14 prône la parité.

A mon humble avis les femmes devraient par un lobbying intense, faire le suivi de l’application de ces recommandations. Ce sont là les types d’actions auxquelles je m’attends en tant que femme, ayant compris le sens de l’engagement politique et de la revendication.

Pour moi le temps n’est plus à continuer de multiplier des rencontres sans actions concrètes sur le terrain ni pressions effectives sur les gouvernants.

Donc je suis pour des réunions comme celles-ci, non pour revenir sur du déjà entendu mais pour peaufiner des stratégies qui permettent de faire avancer la cause des femmes dans notre pays.

 

C’est ici que je me dois de rappeler ce que disait Mzee MUZIRIWA ; Ce père Jésuite affirmait,  je cite :

 << La nation a besoin pour son avancement de ses deux ailes développées, pareille à un oiseau qui pour voler utilise ses deux ailes >>fin de citation.

Ici les deux ailes renvoient à l’homme et à la femme condamnés à vivre ensemble dans une égalité complémentaire.

 

Chers compatriotes,

 

Beaucoup parmi vous seraient tentés de poser la question de savoir comment concrètement s’y prendre ?

Il est grand temps de cesser de garder les yeux baissés mais de regarder l’infini des cieux.

 

La première des choses, les femmes leaders doivent maîtriser les instruments juridiques nationaux, régionaux et internationaux relatifs aux droits de la femme.

Il en est de même des recommandations faites en faveur de la femme qui exige sa participation à tous les niveaux de décision aussi bien par les organisations du système des Nations Unies que par les structures étatiques.

Ici, chez nous on parle d’un seuil minimum de 30%. C’est pour certains un bon début  mais ce n’est pas cela la parité. Certains acteurs de la société civile et des organisations féminines ont déjà décrié ce pas en arrière.

 

Dans cette orientation, une action pédagogique de proximité est nécessaire pour faire connaître au plus grand nombre de femmes leurs droits, car la plupart sont généralement victimes de leur ignorance de ceux-ci. D’où la priorité de la promotion sociale des femmes, de la lutte contre l’analphabétisme et de la lutte contre la pauvreté qui la touche particulièrement et entretiennent son statut précaire.

 

Chers compatriotes,

La deuxième chose est essentielle.

 

Il s’agit pour les femmes d’avoir le réflexe de protester publiquement et de donner le rappel à l’ordre chaque fois qu’un des droits qui les concernent directement est atteint. Les hommes politiques souffrent parfois d’amnésie qui demande à la femme d’être vigilante.

Il faut sortir le carton rouge quand la parité est bafouée à l’examen de la compositionet sans que cette énumération ne soit limitative : du gouvernement, des cabinets politiques, des bureaux de l’Assemblée Nationale et du Sénat, des conseils d’administration et des comités de gestion des entreprises, des mises en place dans la magistrature, des mises en place dans la fonction publique, des mises en place de services étatiques etc.

Plus généralement il faudra rendre systématique« la surveillance du respect de la parité »dans la composition de toutes institutions ou  organismes qui émargent du budget de l’Etat.

Lorsque les principes constitutionnels sont bafoués, ils seront dénoncés publiquement par les femmes. Une demande de rectification sera adressée aux autorités mises en cause.

 

Mesdames et messieurs,

 

Il ne s’agit pas ici d’exiger une parité pour assurer la présence féminine « de service » sans aucun égard pour la méritocratie.

Je crois en l’idée que la représentation de la femme dans les institutions et services de l’Etat soit basée sur la compétence, l’expérience, la performance, les réalisations et donc qu’elle soit qualitative.

Je crois qu’il existe en RDC une multitude de femmes capables et qui ont fait leurs preuves. Je crois aussi qu’avec les autorités publiques nous avons failli à la mission de mettre en place un observatoire des talents féminins qui aurait produit une base de données utiles. Je crois enfin que nous devons remédier à cette situation.

C’est pourquoi, je recommande que lorsqu’on s’écarte des prescrits constitutionnels prônant la parité, qu’il y ait un rapport ad hoc à l’acte de nomination de type réglementaire ou législatif,  motivant spécialement la non prise en compte de l’impératif paritaire dans les mises en place ET CE SERA JUSTICE !

Monsieur Le Président de l’ARC, Excellences et Honorables en vos qualités respectives, mesdames, mesdemoiselles et messieurs, chères sœurs de la famille idéologique libérale,

Nous étions partis de l’idée de partager l’expérience et le vécu de l’engagement féminin en politique.

 

Avant de terminer, permettez-moi humblement dans un but pédagogique, de vous parler en quelques  mots de moi, de mon parcours et de mon engagement en politique.

 

Ma chance véritable a été de comprendre à un très jeune âge, la nécessité de m’organiser pour que jamais je ne sois dépendante seulement de la politique pour vivre. Je me suis donc imposée très tôt, une diversification de mes activités.

L’histoire de ma famille biologique en politique, pour ceux qui la connaissent, a sans doute suscitée cette vision intuitive.

 

Je voudrais dire d’emblée que ma carrière de femme politique ou de femme d’affaires, n’a pas été facile ni si simple qu’on pourrait l’imaginer.

C’est pourquoi,  je dois avant toute chose rendre hommage et remercier le Seigneur d’avoir fait de moi  son instrument, en me guidant pendant toutes ses années, en me donnant les opportunités afin que je puisse témoigner que la femme qu’il a créé est un être complet capable de performances et d’échecs, capable de remplir correctement le rôle que la Nation attend d’elle et cela à tous les niveaux de responsabilité.

Je ne peux m’empêcher de constater que la motivation, l’ambition, l’idéal de vie, l’engagement, donnent un goût, une senteur différente à la vie.

La mission que l’on porte dans sa vie, nous conduit à figurer parmi des catégories différentes à multiples facettes mais qui se résument en trois approches :

    1. Il y a ceux qui regardent passivement et subissent finalement l’énergie agissante des autres. En démocratie, ceux-là constituent le plus grand nombre et ils ont la force énergique du vote de sanction ou d’appui. Tous les politiques les courtisent.
    1. Il y a ceux qui n’interviennent pas mais qui commentent ou critiquent  l’histoire en devenir. Au mieux, ils auront contribué dans l’anonymat de l’histoire à  certains ajustements mais ils ne feront pas l’histoire. Ils ont cependant en démocratie, une capacité d’influence sur l’opinion. Tous les politiques les courtisent ou les combattent activement.
    1. Il y a enfin ceux qui ont pris l’engagement de passer au premier plan, d’agir pour changer l’avenir de leur nation et dans leurs fonctions, accomplir leurs destinées et ambitions. Ils courtisent les deux précédentes catégories et sont critiquées par elles. Ils veulent réaliser et agir. Ils entrent dans l’histoire politique, sociale et économique  de leurs pays. Ils sont entrepreneurs, syndicalistes, acteurs politiques, activistes des causes humanitaires et autres.

Je pense me situer dans la troisième et dernière catégorie que je dédie :

Á tous ceux qui ont aussi été particulièrement animés pour leur Nation, de la volonté  de réaliser des « choses », « d’agir » ; et donc, ceux-là qui ont fait le choix de ne pas être simplement les spectateurs de la vie qui passe.

Cette tâche expose à une critique sans complaisance, à un jugement implacable mais c’est le sort du leadership.

Cet engagement politique n’est pas facile, et il faut apprendre à faire face et accepter de gérer les rumeurs, les quolibets et les atteintes à sa dignité et honneur de femme.

Atteintes  auxquelles nous n’avons pas été préparées. Il n’y a aucune formation qui vous aura été dispensée pour apprendre à faire face à un acharnement, parfois  impitoyable.

 

Mesdames et messieurs,

 

La seule préparation est la volonté personnelle de faire face à son avenir et de servir son pays envers et contre tout.

A la croisée des chemins je m’étais donc résolue de faire la politique par idéal. Forte de cette motivation, je me suis lancée dans l’arène politique en me disant que devais développer mes compétences. Pour faire mon chemin et faire la différence.

Á défaut de coach ou de mentor, je devais prendre sur moi et développer mes capacités personnelles pour arriver à me réaliser.

Le monde était très différent de ce que nous connaissons aujourd’hui. Très peu de formations permettaient de nous aider dans la voie que nous avions choisie. Par la force de circonstances, j’ai appris sur le tas. Je m’efforçais d’être très attentive à tout ce qui influait sur mon action et sur mon opinion.

Je voulais comprendre la problématique de la gestion de la cité. Pour assurer mon développement personnel, je m’étais abonnée à plusieurs journaux locaux ou internationaux et m’imposais la lecture régulière de livres et magazines divers. Je voulais suivre et bien comprendre les enjeux de la politique tant nationale qu’internationale.

Je voulais comprendre la politique étrangère et la nature de certains conflits internationaux ;je voulais pouvoir m’entretenir et tenir des propos pertinents avec les étrangers qu’on recevait souvent dans diverses manifestations officielles.

Ce faisant, j’adoptais sans le savoir une attitude de femme leader.

 

Mesdames et messieurs, chers compatriotes,

 

Ça serait un mensonge si je vous disais que j’ai accédé dans notre pays à toutes les fonctions que vous connaissez, grâce au militantisme, ou au courage, ou parce que j’ai été très docile. Pas du tout.

Le Maréchal Mobutu était un homme très exigeant et qui tenait au travail bien fait. Tous ses anciens collaborateurs peuvent en témoigner. Il fut un chef qui aimait l’excellence  et n’acceptait jamais la médiocrité.

À cette époque le monde politique était éminemment masculin et encore dominé par des préjugés sexistes. Il fallait donc que je m’efforce à sortir du lot pour imposer aux hommes de me traiter avec égalité.

Ce parcours contribua à forger mon sens de l’autorité et me fit accepter dans tous les milieux, malgré ma condition de femme.

 

Mesdames et messieurs, chers compatriotes,

J’avoue que j’aime beaucoup ce genre de forum car j’ai aussi la possibilité de me remémorer le chemin parcouru alors que j’ai en même temps l’opportunité d’apprendre.

En matière de leadership personne ne détient le monopole du savoir et encore moins de la vérité.

Mon expérience lié à votre expertise, comme la plupart d’entre vous ont fait des grandes études universitaires sont nécessaire à l’épanouissement des femmes.

Quand je vous regarde à la télévision, quand je suis les activités des femmes politiques de la nouvelle et jeune génération, j’ai la joie et me réjouis de voir que la relève est assurée, le but a quand même été atteint.

Mesdames, Ne vous fatiguez pas, vous êtes sur la bonne voie.

Vous pouvez toujours compter sur ma disponibilité quand vous sentez la nécessité de partager ou lorsque le doute s’installe. Je vous l’ai dit que les libéraux aiment confronter leurs idées et partager leur savoir.

Enfin avant de clore mon propos de ce jour, permettez-moi de vous demander d’avoir une pensée pieuse pour toutes les femmes pionnières dont certaines nous ont malheureusement déjà quitté. Ces femmes qui, grâce à leur courage et à leur engagement politique, ont donné le goût aux jeunes femmes d’entrer en politique.

Je pense particulièrement aux mamans Sophie KANZA, Pauline MATA NKUMU, Antoinette KINDAWAYI, Madeleine LUTETE. Julienne LOFONGO, Véronique KANI, Jacky KALALA, Eulalie NZEKAMA, Joséphine MAYUMAKALA, UNZITISA,

Adèle ATUNDU, SOKI FWANI, EYENGA, Adrienne EKILALIYONDA, Marie-Louise LUSAMBO, Alphonsine KALUNGAMPUNDU, Marie Rose KASAVUBU, MITEO LOLA, Hélène NDOMBE SITA, Angélique MUYABO, Marie-Josée MAFUTAMINGI, Marie-Claire KIKONTWE, Wivine LANDU, LESENDJINA KIABALEMA, NKOYIMAFUTA,

Marie Madeleine KALALA, Marie Thérèse BASIALA, Thérèse OLENGA etc…

Elles ont su avec courage et détermination, braver les défis de l’émancipation de la femme, et elles ont balisé le chemin ce qui vous a donné le goût et le courage à vous nos jeunes sœurs et nos filles d’emboîter nos pas.

Comme la nature sait bien faire les choses, pour les femmes de l’ARC, Vous avez la chance d’être dirigé par un Président qui a été dans sa jeunesse encadré et suivi par une femme politique.

Maman NZUZI WA MBOMBO TKM suivant attentivement les questions des femmes après son riche exposé.

Maman NZUZI WA MBOMBO TKM suivant attentivement les questions des femmes après son riche exposé.

 

Sa mère, Ministre de son Etat, Maman MAFUTA MINGI pour ne pas la citer, paix à son âme, était une femme de caractère et très engagée politiquement. C’est sans doute pour cela, que notre fils Olivier aime naturellement échanger et partager ses idées avec les femmes.

Mesdames,

 

En parcourant le prospectus qui accompagnait mon invitation j’étais merveilleusement surprise et contente de voir le profil de certaines d’entre vous. Je vous en félicite, vous êtes déjà bien outillées pour réaliser de grandes ambitions, mais soyez solidaires et persévérantes.

Je vous recommande la ténacité, les femmes libérales sont des battantes. Vous êtes capables de porter haut le combat de la femme et de le gagner. La victoire est à votre portée.

Mesdames,

Les femmes étant démographiquement plus nombreuses que les hommes, je pense modestement qu’elles méritent un partage équitable et équilibré des responsabilités, au lieu de ce que nous vivons.

Votre Président, l’Honorable Olivier KAMITATU aime l’idée que son parti soit le premier à bénéficier de l’article 14 de la Constitution portant sur la parité.

Honorable KAMITATU, le vote ayant eu lieu sous votre Présidence de l’Assemblée Nationale, je vous mets au défi de réaliser cette promesse.

L’inscription de cet article dans la Constitution de la République était une grande avancée. Nous devons capitaliser sur cet acquis et poursuivre dans cette marche pour sa matérialisation efficiente.

Monsieur Le Président de l’ARC, Excellences et Honorables en vos qualités respectives, mesdames, mesdemoiselles et messieurs, chères sœurs de la famille idéologique libérale,

Je vais clore mon adresse en vous remerciant de la bienveillante attention avec laquelle vous m’avez suivi.

 

Je vous remercie.

Mme Nzuzi Wa Mbombo

AMMAFRICA WORLD

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