Conscience:L’Afrique Berceau de l’Humanité, de la civilisation, des sciences et des religions!

0

Bon à Savoir surtout pour cette génération! Tout a commencé en Afrique Subsaharienne, le saviez vous?!

Eveil de la Conscience poursuit sa route…

Si les africains ont pu développé cette attitude paresseuse qui consiste à tout attendre des autres, et sans fournir ses propres efforts pour atteindre la connaissance de ses origines, certaines personnes ne font que cela! Des nombreux chercheurs se sont donnés corps, âmes et esprit pour découvrir ce que notre monde actuel est devenu et surtout d’où il était venu dans son commencement! Avec ce que vous allez lire avec attention, et avec l’appui de la Bible, qui semble être insuffisante pour bien identifier les origines, après maintes analyses, je crois que le temps est venu de faire reparler de la BIBLE! La « Genèse » par exemple n’a pas précisé sa localité géologique! Les Auteurs de la Bible (ces écrivains bibliographes) n’ont jamais voulu préciser exactement la localité géologique de premier homme appelé « Adam » de la Bible. Est-ce par une mauvaise intention?. Cependant, les réalités des événements les attestent clairement que tout l’espoir de l’humanité se tend vers l’Afrique SUBSAHARIENNE et cela précisement sur la terre « Kongo »! Rien n’est un hasard!  En lisant l’article si dessous, vous vous en rendrez compte! Le reste, notre organisation Ammafrica worldse bat en collaboration avec d’autres partenaires pour éclairer la lanterne de beaucoup parmi vous! Bonne lecture à tous!

Bon weekend chez vous, et surtout Paix chez tout le monde!

Ammafrica world Redaction

L’Afrique berceau de l’Humanité, de la civilisation, des sciences et des religions

« Nous sommes des échangeurs et des brasseurs de temps »
Michel Serres

L’Afrique : berceau de l’humanité et de la civilisation, des sciences et des religions

En l’état actuel des connaissances scientifiques, on doit bien reconnaître que le continent africain a vu naître les premiers hommes, les premières grandes civilisations, les premières sciences ainsi que les premières croyances religieuses allant du polythéisme au monothéisme.

Afrique : berceau de l’humanité
« L’homme anatomiquement moderne s’est développé il y a un peu plus de 100 000 ans en Afrique subsaharienne, à partir d’une lignée évolutive facile à suivre. Cet homme moderne s’est répandu dans le Nord et au Proche-Orient ».  Günter Brauer, Paléo-anthropologue de l’Université de Hambourg.

Force est de constater, selon les dernières découvertes des paléo-anthropologues, des archéologues, des généticiens et de linguistes que c’est sur le continent africain que les premiers hominidés ont été découverts et notamment l’homo sapiens dont nous sommes issus. Les travaux d’Yves Coppens, Luigi Luca Cavali-Sforza, Bryan Sykes, de Pascal Picq, de Christopher Stringer documentent abondamment cette théorie de l’origine africaine de l’humanité. En l’état actuel des connaissances, la chaîne d’hominisation africaine est la plus ancienne et la plus complète. Les paléontologues Günter Braüer, Reneir Protsch, Christopher Stringer considèrent que l’homme moderne a une origine africaine monogénétique. Ces travaux sont confirmés par les recherches combinées de généticiens, de paléo-anthropologues et de linguistes. Ainsi la technique de l’ADN mitochondrial a permis de mettre en évidence que nôtre ancêtre le plus ancien vivait il y a 150 000 ans en Afrique. «Le mérite de l’arbre des gènes fondé sur l’étude de la mitochondrie est d’avoir pour la première fois introduit dans l’équation une échelle chronologique objective. Il a établi très clairement que l’ancêtre de la mitochondrie commune de tous les humains modernes vivait il y a quelques 150 000 ans seulement. » (Bryan Sykes, Les sept filles d’Eve, Paris Albin-Michel, 2001, p.67-68). Deux études publiées par des équipes de chercheurs généticiens états-uniennes et chinoises parues dans la célèbre revue Science en 2001 (African Origin of Modern Humans in East Asia : A tale of 12 000 chromosomes) et dans la revue états-unienne Proceedings of The National Academy of Sciences en 1998 font état de l’origine africaine des Asiatiques. L’appellation indo-européen n’a pas de raison d’être et relève du mythe occidental. En l’état des découvertes scientifiques, les plus anciennes gravures au monde ont été retrouvées dans la grotte de Blombos à 200 km du Cap en Afrique du sud et datent d’environ 77.000 ans avant notre ère précédent de près de 40.000 années l’art pariétal du Sud de l’Europe (grotte Chauvet en France, site Altamira en Espagne).

« Les découvertes de la grotte de Blombos et l’étude de A.S. Brooks et S. Mc Breasty se confortent. La  »révolution symbolique » n’est pas un phénomène européen mais africain. Elle n’a pas eu lieu il y a 35.000 ans, mais a débuté des dizaines de milliers d’années plus tôt. C’est un nouveau scénario de l’évolution culturelle qui nous est proposé. » (Sciences humaines n°126 cité par Cheikh M’Back Diop, Cheikh Anta Diop.L’homme et l’oeuvre.  Présence Africaine, p.179).

Qui dit Hommes dit Cultures et dit aussi Civilisations.

Afrique : berceau de la civilisation

« Les Ethiopiens disent que les Egyptiens sont une de leurs colonies qui fut menée en Egypte par Osiris. Ils prétendent même que ce pays n’était au commencement du monde qu’une mer, mais que le Nil entraînant dans ses crues beaucoup de limon d’Ethiopie, l’avait enfin comblé et en avait fait une partie du continent.Ils ajoutent que les Egyptiens tiennent d’eux, comme de leurs auteurs et de leurs ancêtres, la plus grande partie de leurs lois ; c’est d’eux qu’ils ont appris à honorer les rois comme des dieux et à ensevelir leurs morts avec tant de pompe ; la sculpture et l’écriture ont pris naissance chez les Ethiopiens.Les Ethiopiens allèguent d’autres preuves de leur ancienneté sur les Egyptiens ; mais il est inutile de les rappeler ici. » (Diodore de Sicile 90-20 avt. Notre ère. Histoire universelle, Livre 3, p.341).

La plus ancienne des grandes civilisations de l’humanité a été localisée en Afrique et plus précisément en Egypte. L’empire des pharaons égyptiens a couvert une période allant de -3150 à -500 ans avant notre ère. Mais pour être juste il faudrait aussi évoquer les nombreuses cultures et civilisations qui l’ont précédé ou accompagné en Afrique. La civilisation éthiopienne a sans doute précédé celle d’Egypte. Il faudrait parler plus exactement de la civilisation nubienne (Ethiopie, ancien Soudan). Des découvertes archéologiques semblent confirmer que la Nubie était un royaume antérieur ou qui a accompagné la naissance de l’ancienne Egypte avec des coutumes similaires.

« Grâce au témoignage fourni par le cimetière L., la période qui précède juste la première dynastie devient, pour la première fois, une époque historique. Un fait étonnant se dégage, absolument contraire à toutes les idées antérieures sur la question : pendant neuf générations au moins, de 3500-3400 à 3200-3100 avant J.C., la Nubie du groupe A fut un Etat unifié, possédant tous les attributs d’une civilisation – un gouvernement, un pharaon, des fonctionnaires, une religion officielle, une écriture et des monuments – un Etat assez fort pour unir des peuples qui n’étaient pas de même origine. C’est ainsi que les habitants du Ta-Seti, « le pays de l’Arc », nom par lequel les anciens Egyptiens désignaient la Nubie, participèrent pleinement et sur un plan d’égalité que personne n’avait jamais soupçonné, à l’irrésistible essor de la civilisation des rives du Nil » (Rapport de Bruce Williams, 1986 «Excavations between Abu Simbel and the Sudan frontier, part I – The A-group royal cemetary at Qustul : cemetary L ».University of Chicago).

Et bien avant elle d’autres civilisations et cultures l’ont précédé en Afrique. Ainsi les premières traces de culture humaine sur le continent africain remontent à 45.000 ans avant notre ère. On a découvert sur des défenses d’éléphants un inventaire d’animaux remontant à cette période. La première trace de calcul numérique remonte à plus de 35 000 ans avant notre ère dans le Swaziland. La civilisation méroïtique fut l’une des toutes premières à avoir développé l’écriture cunéiforme tandis que la première trace de hiéroglyphes, première trace d’écritures remonte à 3400 ans avant notre ère. Le professeur allemand, Günter Dreyer, directeur de l’institut archéologique allemand, a découvert à Abydos des inscriptions hiéroglyphiques sur plus de 300 poteries de cette époque.

Afrique : berceau du savoir scientifique

« Aussi l’Egypte a-t-elle été le berceau des arts mathématiques »
Aristote, Métaphysique, A,1, 981, b23

« Aussi l’Egypte, même vaincue ; demeurerait la patrie vénérable des sciences qu’elle avait gardées secrètes pendant des millénaires. Maintenant le barbare a forcé la porte de ses sanctuaires, elle est vaincue et va devenir l’institutrice forcée des jeunes nations, des Grecs en particuliers : ‘‘le miracle grec » va commencer, comme une conséquence de l’occupation de l’Egypte par l’étranger, grec en particulier, et partant de l’accès forcé aux trésors scientifiques de l’Egypte, du pillage des bibliothèques des temples et de la soumission des prêtres » (Cheikh Anta Diop, Civilisation ou Barbarie, Paris, Présence Africaine, 1981, p.323).

« A parcourir les textes grecs anciens, on ne peut se défendre de l’idée qu’aux yeux de ces vieux auteurs, l’Egypte était comme le berceau de toute science et de toute sagesse. Les plus célèbres parmi les savants ou les philosophes Hellènes ont franchi la mer pour chercher auprès des prêtres, l’initiation à de nouvelles sciences ».
S. Sauneron in Les prêtres de l’ancienne Egypte.

Il n’est un secret pour personne que l’Egypte ancienne a su se constituer un savoir scientifique qui a rayonné pendant plus de deux millénaires sur le monde et notamment durant la période de l’Antiquité franchissant aisément le bassin méditerranéen pour influencer le savoir greco-romain. Ce sont la découverte des papyrus dits de Rind et de Moscou qui ont permis de révéler l’origine égyptienne du savoir hellénique constitué en corpus scientifique. Le papyrus de Rind remonte à la période 2040-1785 ans avant notre ère et a été retranscrit par le scribe Ahmès en -1650. Ce papyrus contient de nombreux problèmes et de nombreuses théories ayant trait à la géométrie, l’arithmétique, l’astronomie,…

Ainsi ce papyrus formule le théorème de Thalès 1300 ans avant que Thalès s’en attribue la paternité. Le papyrus de Moscou contient avant l’heure la théorie d’Archimède selon le Professeur Struve qui l’a édité : « Le papyrus de Moscou qui nous livre parmi de nombreuses autres, la preuve d’une célèbre découverte d’Archimède doit être inscrite au compte des Egyptiens. Nous n’avons donc plus aucune raison de rejeter les affirmations des écrivains grecs selon lesquelles les Egyptiens étaient les maîtres des grecs en géométrie [.] Ainsi, est-ce  encore une grande découverte attribuée à Démocrite qu’il va falloir reculer de 1400 avant son présumé inventeur. Ces faits nouveaux, par lesquels le papyrus de Adwin Smith et le papyrus de Moscou enrichissent notre savoir, nous forcent à une révision radicale de notre jugement de valeur tenace jusqu’à présent, sur les connaissances égyptiennes. Un problème comme celui de la recherche des fonctions du cerveau ou bien celui de la détermination de la surface d’une sphère n’appartiennent plus au cercle des questions par lesquelles une connaissance empirique s’édifie, à l’intérieur d’une culture primitive. Ce sont déjà de purs problèmes théoriques, qui de ce fait prouvent que le peuple égyptien de même que le peuple grec se sont efforcés d’acquérir une pure vision intellectuelle de l’univers. ». (Cf. Lathematisher Papyrus des Staalichen  Museumsder SchönenKünstein Moskau, cité par Omotunde, p.68-69).

De nombreux récits émanant de philosophes grecques (Platon, Hérodote, Diogène) ou romains (Diodore de Sicile) qui remontent à l’Antiquité font état de l’initiation de nombreux de ces philosophes auprès des prêtres égyptiens. Pythagore (resté 22 ans en Egypte), Platon (13 ans), Eudoxe (13 ans), Démocrite (5 ans), Hippocrate (3 ans) ont reçu une initiation en Egypte de la part des prêtres égyptiens. Le cas le plus célèbre étant celui de Pythagore qui vécu plusieurs années en Egypte et dû patienter plusieurs années avant de gagner la confiance de ses maîtres égyptiens et de recevoir leur enseignement. Il vécu durant ces années en véritable Egyptien, il savait aussi bien lire les hiéroglyphes que les cursives (Hiératique et Domotique) et sacrifia à la coutume égyptienne de la circoncision que l’on retrouve aussi en Ethiopie. Lorsque le jeune savant revint en Grèce, il ne fit nulle mention dans ses découvertes de l’inspiration égyptienne qui avait été la sienne pour ne pas écrire à l’instar de Cheikh Anta Diop qu’il s’agissait de véritables « emprunts ». Beaucoup de savants grecques ont fait passer à la postérité des théorèmes scientifiques égyptiens sous leur nom sans même citer leurs sources.  Certains chercheurs mathématiciens contemporains évoquent les erreurs de traduction des Grecs dans la transcription du savoir scientifique égyptien au point que certains théorèmes repris par les Grecs s’avèrent être incomplet. C’est le cas par exemple de certains traités de géométrie tel que celui d’Euclide. Ainsi selon le mathématicien Bertrand Russel (Principle of Mathematics cité par Omotunde) : « Puisque Euclide a toujours de la popularité et une réputation de rigueur même auprès des mathématiciens, en vertu de quoi on lui pardonne ses circonlocutions et son verbiage, on gagnerait à commencer par relever quelques-unes des erreurs  contenues dans ses vingt six premières propositions. Commençons par la première. Il n’y a aucune preuve que les cercles qu’on nous a dit de construire s’intersectent et s’ils ne le font pas, toute la proposition s’effondre [.] Quant à la quatrième il y aurait beaucoup à dire : en fait la preuve d’Euclide est si mauvaise qu’il aurait mieux fait d’admettre cette proposition comme un axiome. »

C’est un peu le même topo pour Archimède : « Cependant soulevé qu’un coin du voile qui recouvre la genèse du grand nombre de propositions, lesquelles, démontrées par une double réduction à l’absurde, supposent malgré tout une notion préalable, obtenue par des moyens sur lesquels Archimède a gardé le silence, ou atteinte par des voies que nous suivons encore de nos jours, mais sur lesquels il aurait effacé soigneusement la trace de ses pas.» (Paul Ver Eecke à propos du traité de la mécanique d’Archimède dans Les Oeuvres complètes d’Archimède cité par Cheikh Anta Diop dans Civilisation ou Barbarie).

Selon le mathématicien R.J.Gillings la résolution de la quadrature du cercle est antérieure au traité des géomètres grecques : « Nous pouvons reconnaître que Ahmes (géomètre égyptien, ndlr) passe pour avoir été le premier  authentique à inscrire un cercle dans un carré au vu de l’histoire écrite » (R.J. Gillings, Mathematics in the time of the Pharaohs, New York, Dover Publications ; 1982, p.145 cité par Théophile Obenga dans La géométrie égyptienne).

La médecine égyptienne a fait aussi de nombreux émules parmi les Grecs notamment Hippocrate qui a reçu pendant 3 ans l’enseignement des Egyptiens. Imhotep est sans doute l’un des médecins égyptiens les plus célèbres auquel se référait Galien. Les Egyptiens avaient des médecins spécialisés pour chaque maladie et pour chaque organe (oeil, dents, tête, ventre…). Ils ont été les premiers à mettre en exergue le rôle du cerveau sur le corps. Ils sont aussi les inventeurs de l’ancêtre du stérilet. Un savoir ancestral qui sera largement repris par les médecins de l’Antiquité grecque sans pour autant en citer les sources.

Afrique : berceau des religions

« La parcelle de Ka individuelle rejoint le Ka universel – l’intellect ou l’Âme du Monde – et ne se perd jamais dans le grand Tout : ainsi, la cosmogonie philosophique égyptienne a inventé l’immortalité de l’âme dès l’Ancien Empire, 2600 av. J.C. et même plus tôt, comme en font foi les Textes des Pyramides, plus de 1000 ans avant la première religion révélée ». Cheikh Anta Diop, Civilisation ou Barbarie, ibid, p.428.

Les religions polythéistes ont connu une floraison extraordinaire dans l’Antiquité. Parties de l’ancienne égypte, et sans doute antérieurement de Nubie, elles ont irradié les cultures grecques et romaines. Ainsi de nombreuses divinités égyptiennes ont été transposées chez les Grecs ou chez les Romains. Amon est devenu Zeus chez les Grecs et Jupiter chez les Romains (selon certaines sources d’après le dictionnaire des mythes, Nadia Julien, édition Marabout) ; Ptah est devenu Héphaïstos chez les Grecs et Vulcain chez les Romains; Osiris, Dionysos chez les Grecs, Bacchus chez les Romains ; Isis, Déméter chez les Grecs, Cérès chez les Romains. Enfin il y a une parenté entre certains mythes de l’Egypte et de la Grèce antique notamment en ce qui concerne le mythe d’Orphée et certains éléments empruntés au mythe égyptien d’Osiris. De nombreux éléments de la culture égyptienne ont influencé la culture occidentale. Le culte d’Osiris et d’Isis se répandit dans le monde greco-romain mais aussi dans toute l’Europe latine et cela jusqu’au moyen-âge. A tel point que certains ont fait le parallélisme entre le culte de la Vierge noire au moyen-âge et celui d’Isis. Enfin le culte monothéiste le plus ancien revient au culte conçu par le pharaon Amnophis IV qui se rebaptisa Akhénaton et qui préconisait de ne croire qu’en un dieu : Aton. Certains égyptologues considèrent les Hébreux comme un peuple africain ayant migré d’Egypte en restant fidèle au culte d’Aton qui était tombé en désuétude après le règne d’Akhénaton. Joseph Davidowitz (La Bible avait raison ), égyptologue, considère que les Hébreux, en égyptien ubrus,  étaient des Egyptiens descendants des artisans, professionnels constructeurs et artistes d’el-Amana, la capitale construite par le pharaon monothéiste Akhenaton. Cela expliquerait certaines coutumes communes telles que celles de la circoncision pratiquées dans l’Egypte ancienne mais aussi bien avant en Nubie (Ethiopie, ancien Soudan). « …seuls parmi les hommes les Colchidiens, les Egyptiens et les Ethiopiens pratiquent la circoncision depuis l’origine  » (Hérodote 484-425 avant notre ère, Livre 2, 104). Il est alors probable que les Juifs d’Ethiopie ne sont pas issus de la migration en Afrique des Juifs à partir du royaume d’Israël comme l’attestent de récentes découvertes génétiques. Ainsi une étude parue dans Human Biology (1999) de Lucotte et Smets évaluant l’homologie de séquences d’ADN du chromosome Y d’un échantillon d’Ethiopiens juifs vivant en Israël et d’Ethiopiens non juifs vivant dans une région au nord d’Addis Abeba relève plus de similitude et de proximité génétique entre les Juifs Ethiopiens vivant en Israël et les Ethiopiens autochtones non juifs qu’avec les autres communautés juives. Les travaux de Lucotte et son équipe confirme les travaux d’une équipe israëlienne publiée en 1991 dans l’Israel Journal of Medical Sciences 27:245 par Avshalom Zoossmann-Disken, A. Ticher, I. Hakim, Z. Goldwitch, A. Rubinstein et Batsheva Bonné-Tamir intitulés « Genetic affinities of Ethiopian Jews« .  Pour Lucotte et son équipe, les résultats sont compatibles avec le fait que les dénommés Falashas  proviennent des anciens habitants ayant vécu en Ethiopie et non d’une migration de peuples juifs originaire du royaume d’Israël à l’époque du roi Salomon ou des tribus de Dan. Lucotte et Smets concluent qu’il s’agissait probablement d’Ethiopiens convertis secondairement au judaïsme. Si indéniablement la génétique semble accréditer que les dénommés Falashas (terme utilisé par les Chrétiens d’Ethiopie, tiré de l’amharique et signifiant « exilé » ou « immigrés »)  ou plus exactement Betaisraël (tels qu’ils se sont renommés ; éthymologiquement : « Maison d’Israël ») sont issus de population anciennement installée en Ethiopie, les auteurs vont bien au-delà de leurs travaux en concluant qu’ils ont été secondairement convertis au judaïsme. L’hypothèse qu’ils furent les premiers Juifs ayant migré hors d’Egypte est une hypothèse solide. L’hypothèse qu’ils constituèrent une population initialement originaire d’Ethiopie qui resta fidèle au culte d’Akhenaton après sa mort est encore plus pertinente. Et cela d’autant plus qu’une étude parue en 2002 dans l’American human journal of genetic portant sur l’ADN mitochondrial des Betaisraël montre des séquences génétiques très similaires à celles observées chez les populations locales éthiopiennes et somaliennes. Une autre étude publiée en 2001 dans la célèbre revue états-unienne Proceedings of National Academic of Science of the United States of America retrouve une parenté génétique très forte entre des Juifs éthiopiens et yéménites. Pour les auteurs, ces éléments sont en faveur d’une migration de la population des Betaisraël d’Ethiopie vers le Yemen et plus généralement d’une migration possible dans la région de la mer rouge en provenance d’Ethiopie.

Ces Ethiopiens renommés Falashas par les Chrétiens puis BetaIsraël par eux-mêmes pourraient être les descendants d’une des formes les plus anciennes du monothéisme. Rappelons que Freud, dans Moïse et le monothéisme, assimilait intuitivement Moïse à un Egyptien et donc à un Africain. Rappelons que les caractéristiques génétiques, linguistiques des peuples de l’ancienne Egypte sont très proches des caractéristiques retrouvées chez les peuples d’Afrique centrale. Les découvertes de certains scientifiques tels qu’Alain Anselin font voler en éclat le cadre réducteur et inadéquat « chamito-sémitique » ou afro-asiatique. Pendant très longtemps toute trace de civilisation en Afrique a été assimilée à la pénétration du continent par les  »indo-européens ». Actuellement on considère que les civilisations Nok, Mali, Zimbabwe, Kongo, Benin, Ghana, etc. ont précédé largement l’arrivée des Européens en Afrique et correspondent aux cultures autochtones africaines qui partageaient certaines caractéristiques artistiques,  philosophiques ou scientifiques communes. Mieux, il apparaît actuellement de plus en plus évident que des civilisations du centre de l’Afrique ont précédé la constitution de la grande civilisation égyptienne qui actuellement est considérée par de nombreux anthropologues, archéologues et autres scientifiques non pas comme orientale mais bel et bien comme africaine.

« Voilà que l’Egypte ancienne, si longtemps perçue dans un contexte asiatique par les égyptologues, se révèle grâce aux travaux des préhistoriens, comme africaine » Jean Leclant, 1998.

« C’est par l’analyse raisonnée de la langue des Pharaons que l’ethnographie décidera si la vieille population égyptienne fut d’origine asiatique, ou bien si elle descendit, avec le fleuve divinissé, des plateaux de l’Afrique centrale » Jean-François Champollion dans son Discours d’ouverture du collège royal de France, le 10 mai 1831.

Selon Alain Anselin, la faune et la flore des signes scripturaux égyptiens sont indéniablement africaines, notamment dans la région des Grands lacs au coeur de l’Afrique, au coeur des Lumières. L’ichtyonimie égyptienne présente des similitudes frappantes avec les noms de poisson dans diverses langues du centre de l’Afrique contemporaine. Il y a donc bel et bien une parenté linguistique et culturelle entre l’Afrique sub-saharienne et l’Egypte. Le premier pharaon égyptien connu, Narmer, ayant réuni l’Egypte du delta et l’Egypte du sud était d’origine nubienne (ancien Soudan). Archéologiquement il est actuellement démontré que la région du delta s’est constituée bien après la région sud de l’Egypte.

La question se pose, les malnommés Falashas sont-ils les premiers Juifs sortis d’Egypte ou bien n’ont-ils jamais bougé d’Ethiopie et ont été irisés par le rayonnement du monothéisme d’Akhénaton avant même la constitution du judaïsme ? A l’époque l’Ethiopie était encore colonisée par les pharaons égyptiens. On verrait donc deux peuples à l’origine du judaïsme : l’un afro-égyptien et l’autre afro-éthiopien pouvant expliquer les différences de cultes retrouvées entre les Hébreux qui ont migré au travers du désert du Sinaï et ceux qui seraient restés en Ethiopie et auraient été infiltrés des lumières du monothéisme d’Akhénaton. En tout état de cause les premières traces de monothéisme dans l’humanité, en l’état actuel de nos connaissances remontent à environ -1350 avant notre ère en Egypte à l’époque du pharaon Akhenaton.

Il aura fallu attendre la décolonisation pour que les anthropologues, les historiens, les linguistes et les archéologues renoncent à leur lecture ethnocentrée des cultures qu’ils étaient amenés à découvrir. Il aura fallu qu’ils obtiennent l’autorisation culturelle pour se dévêtir du manteau de la domination, se délester d’une grille de lecture de l’altérité culturelle codifiée par la geste impériale et coloniale.

Ainsi l’Afrique « que l’Europe veut faire passer pour un continent sans passé historique, a abrité les plus anciens guides de l’humanité dans la voie de la civilisation ; ce sont ceux qui ont crée les arts, la religion (en particulier le monothéisme), la littérature, les premiers systèmes philosophiques, l’écriture, les sciences exactes ( physique, mathématiques, mécanique, astronomie, calendrier,…), la médecine, l’architecture, l’agriculture, etc. à une époque où le reste de la terre (Asie, Europe : Grèce, Rome.) était plongé dans la barbarie (…) Nous sommes sûrs d’avoir réussi à dénoncer la plus monstrueuse falsification de l’histoire de l’humanité, le mensonge le plus éhonté que les historiens modernes et en particulier les égyptologues ; aient cherché à échafauder en liaison avec les nécessités de l’exploitation impérialiste ».   (Cheikh Anta Diop, L’Unité culturelle de l’Afrique noire).

En l’état actuel des connaissances, l’Afrique est donc le continent-mère de l’humanité, de la civilisation, des sciences et des religions. On comprendra mieux pourquoi dans nos cultures occidentales il y a une telle fascination pour l’Egypte pharaonique. Il suffit pour cela de dénombrer le nombre de documentaires diffusés sur le petit écran au sujet de l’Egypte des pharaons dépassant largement le nombre de documentaires sur l’Antiquité greco-romaine, il en va de même de l’affluence record que l’on constate pour les expositions sur l’Egypte ancienne. Cela a sans doute rapport avec le mystère et le génie des origines et son pouvoir de fascination sur le public. Et bien au-delà de l’Egypte ancienne se dessine l’Afrique de l’est et l’Afrique des grands Lacs, foyers des premiers hommes, des premières cultures et des premières civilisations. Voilà qui permettra d’en finir avec le mythe aryen occidental fondé sur une conception géoraciale du savoir. Une notion qui fut le ferment idéologique fédérateur selon Hannah Arendt (L’impérialismeLe système totalitaire)  de la construction des Etats nations européens. L’intégration de l’origine africaine des savoirs scientifique et spirituel permettra d’avoir une compréhension plus souple de notre histoire fondée avant tout non pas sur la notion d’homogénéité mais d’hétérogénéité des origines, de mouvement dans l’espace, de fluidité, de brassage et de métissage culturels, de rencontres et d’échanges sans oublier les conflits sous-tendant cette quette du savoir et in fine du pouvoir. Par deux fois l’Europe a été pénétrée du savoir scientifique africain : à l’époque de l’antiquité greco-romaine puis lors de la période dit de l’obscurantisme médiéval où les Maures ont réinsufflé à l’Europe ce savoir africano-greco-romain qu’elle avait un temps soit peu oublié. Un savoir qui sera ensuite perfectionné en Europe pour être érigé au rang de religion ou plus exactement d’une véritable philosophie sociétale banissant toute spiritualité dans ses modèles d’explications causalistes. En tout état de cause, les Africains n’ont pas à avoir honte de leur histoire bien au contraire. Pour en finir avec une conception réductrice de l’histoire des sciences, des idéologies et des philosophies. Pour en finir avec la notion de race.

Source principale d’inspiration et d’emprunts : 
– Cheikh Anta Diop. L’homme et l’oeuvre. Cheikh M’Backé Diop. Présence Africaine.
– L’origine négro-africaine du savoir grec. Jean-Philippe Omontunde. Volume 1. Ed. Menabuc.

Pour se documenter : 
– Civilisation ou Barbarie. Cheikh Anta Diop. Présence Africaine.
– Ankh. Intervention de Cheikh Anta Diop au colloque du Caire , 1974.

@Devoir_de_Mémoire

AMMAFRICA WORLD

Share.

Leave A Reply

error: Content is protected !!